Je l'ai écrit dans mon premier billet, et je confirme: j'avais envie de me frotter un peu à l'aventure...
Ah, pour le coup j'en ai eu de l'aventure!!! Bien sûr, j'avais mis les chances de mon côté: préparatifs du séjour proche du zéro absolu. Pas de réservation: je m'étais laissé garantir une possibilité de réserver une chambre directement sur place, tout en me demandant à quel point le plan pourrait s'avérer foireux. Pas de carte de la ville, ni de guide, ça aurait été trop luxueux! ;)
Eh bien figurez-vous que ça a été une très bonne expérience au final! Voilà comment ça s'est passé:

Je suis donc arrivé lundi matin, premiers contacts avec la ville: un aéroport rutilant avec d'immenses halls, une attente interminable à la douane pour obtenir les visas. Pourtant, il devait bien y avoir 100 mètres de guichets de douane alignés... Peu importe, je n'étais pas réellement pressé, c'est là où on commence à réaliser qu'on est en vacances! :)
Une fois le visa obtenu (sourire pour la photo d'entrée dans le pays!), je pars en quête de mon bagage, qui contre toute attente n'était pas encore délivré. Je profite d'une vingtaine de minutes pour écrire dans mon petit carnet mes premières impressions - et réflexions - sur le voyage. C'est bon de pouvoir prendre son temps!
La bagage arrive enfin et, un grand sourire figé sur le visage, je me présente aux comptoir d'Emirates où l'agence de Paris m'avait garanti que je pourrai réserver mon hôtel ainsi que quelques activités à un coût raisonnable. "It's the Shopping Festival, all the hotels are full. - What about the tours? - Ask next desk, but I think it's full too." Bon, voilà je vous fais pas un dessin: Dubaï, la ville la plus centrée sur le shopping au monde fait encore plus de business en organisant un Shopping Festival! Vu après coup, le Festival dure un mois. Et pendant un mois les principaux hôtels sont pleins de chez plein!!! Pareil pour les tours operators! Oui, là j'avoue ça met particulièrement bien en conditions pour comprendre la philosophie de Dubaï!
Enfin là je romance, mais sur le moment ça signifie quand-même aussi et surtout que je n'ai pas d'hôtel pour la nuit. OK, il est 8h30. J'ai 3-4 adresses notées à la va-vite dans mon sac, tout n'est pas complètement perdu! Enfin, je n'ai pas réellement de moyen de téléphoner, et mon budget Dubaï est relativement modeste... Autant vous dire que la pression monte.
Avec une bonne tête d'étranger un peu perdu, je me laisse accoster par un bonhomme qui guette les allées et venues des touristes, mais aussi guette le personnel de sécurité! Le truc louche par excellence! Mais bon, de toute façon j'ai pas d'hôtel, on vient de me dire plus de 10 fois de suite que tout est plein, je vais pas faire mon difficile! J'embarque donc avec ce gars qui se dit taxi mais qui conduit une voiture privée, avec qui j'ai conclu un deal: pour 200 Dirhams il m'aide à trouver un hôtel avec ses contacts. Je pourrai visiter les chambres, et si elles ne me plaisent pas on continue à chercher. Ca me parait honnête, même si c'est assez cher. Je ne sais pas trop dans quoi je me lance et je m'inquiète un peu pour ma personne et mes affaires, mais allez faut prendre des risques de temps en temps! Bref, on monte en voiture, et là je découvre en bloc: la clim à fond (alors qu'en plein hiver il fait dans les 20 à l'extérieur - et ça sera partout pareil pendant 3 jours), la conduite en force et au klaxon de Dubaï, les premiers mots d'arabes lorsque le conducteur passe des coups de fil pour trouver une chambre libre, la négociation (you need to know this verb: to bargain). Après quelques coups de fil, il y a une chambre de libre dans un petit hôtel, on part la visiter dans le quartier chinois (un genre d'Electronic Souk). A l'arrivée, le tarif est déjà 50 Dirhams plus cher que ce que m'a annoncé le chauffeur. Quand on est pas habitué ça met pas en confiance! Je visite la chambre: l'hygiène est terrible. Autant je cherche pas le grand confort, autant là les cafards courent le long des cloisons. Le chauffeur insiste un peu car il n'est pas sûr de trouver une autre chambre. Mais je décide quand-même de miser sur la chance, et je refuse cette proposition pourtant fort alléchante! ;)
Il passe quelques autres coups de fil et finalement on trouve une autre chambre somme toute assez rapidement. Là, l'hygiène est correcte, surtout par comparaison! Là, il m'annonce 400 Dirhams soit 100 de plus que ce qui est indiqué sur le panneau à l'entrée. Bon, je négocie un peu à 350, mais de toute façon le directeur sait qu'il a l'avantage et qu'il trouvera facilement quelqu'un d'autre vu la période. En partant, le chauffeur essaie d'augmenter le tarif à son tour. Cette fois-ci je lui dis que 200 Dirhams c'est déjà beaucoup et que le deal n'est pas tout à fait rempli puisque la chambre est au dessus de mon budget. Non mais! Le mot clé du voyage, c'est l'adaptation au pays visité! :)
Finalement il n'est que 10h30, et je m'offre une bonne sieste car on ne peut pas dire que la dernière semaine avant le départ ait été des plus reposantes! De ce fait, j'augmente la moyenne de mon temps de sommeil à 5h sur 5 jours. No comment! :)

Allez, hop: frais, dispo et avec une envie de dévorer la ville je sors de l'hôtel pour essayer de comprendre où je me trouve. Dans le Souk. Les ouvriers s'y activent à l'aide de chariots et les minuscules échoppes sont plutôt des bureaux où se négocient les céréales et autres produits. L'ambiance est très busy. Beaucoup de bruit dans les rues. Et au milieu de tout ça, quelques travailleur sont endormis à leur poste de travail dans des positions improbables. L'un comme s'il avait chut la tête la première, l'autre sur son chariot le dos à l'horizontale avec les pieds par terre... Je n'ai pas osé prendre de photo du Souk et de ses travailleurs, mais c'est bien dommages car elles auraient été à coup sûr plus représentatives que les bêtes buildings.
Je fais le tour du quartier, en gardant bien des points de repère car sans carte je n'ai pas de repère précis de la position de l'hôtel. Alors, je vous le dis tout de suite: le réflexe c'est de se dire "à côté de la mosquée". Non, mais ça marche même pas 3 minutes! Car des mosquées il y en a au moins une par rue. Il y a des mosquées partout! et l'appel à la prière est vraiment dépaysant.
Je finis par croiser quelques touristes, finalement pas si loin de l'hôtel, car il y a tout près une sorte de reconstitution pour touristes du souk mais en version "mille et une nuit", avec de belles échoppes en bois, des épices à chaque boutique... Très cliché quoi! Mon Souk à moi c'est des échoppes toutes simples avec une bonne vieille porte en verre posée depuis 40 ans, l'enseigne à l'occidentale et ça dans toutes les rues du quartier!
Je prends un water taxi qui permet de traverser le fleuve pour 20 centimes, et je continue ma visite en prenant les quelques photos que vous avez pu voir pour le jour 1.
Une nouvelle fois, je m'arrête pour poser mes impressions sur mon petit carnet, et promis il va y avoir au cours de ce voyage de la réflexion sinon philosophique au moins de développement personnel!
Ca fait du bien de se poser, et de pouvoir penser. Juste penser. Pas à l'administratif foireux avec Orange, pas aux mille et unes choses à finir, pas aux difficultés administratives ou professionnelles. Loin des préoccupations du quotidien... On se sent libéré de beaucoup de poids. Juste penser au chemin parcouru, aux satisfactions de la vie, à la perspective de ce voyage dans ses dimensions de découverte mais aussi de construction personnelle.
Ce premier jour s'achève donc avec une visite timide et une progression lente de l'éclaireur dans cette civilisation complètement nouvelle. Pourtant de retour à l'hôtel, après toutes les pensées positives de la journée j'ai quand même eu un petit coup de blues en réalisant l'ampleur de l'aventure. J'ai été très entouré par mes amis et ma famille au cours de ces derniers mois, et là le cordon semble pas très facile à couper. Bon, dans ce cas là, le mieux c'est d'aller dormir. Nuit.

Houlà, on vient à peine de finir le premier jour!!! Rassurez-vous je vais pas vous assomer par Guerre et Paix, édité chez Plomb. Le premier jour valait son pesant de cacahuètes, je vous l'avais promis!

Second jour, réveil avec le sourire et la pêche (Y'en a qui vont finir par reconnaitre les références à Youpi matin des inconnus... S'il vous reste 3 minutes après l'interminable -mais passionnante- lecture que je vous propose, cherchez le sketch des inconnus sur Youtube. Je me le regarde quelques fois en arrivant au boulot quand il semble que la matinée ne finira jamais -en pause je vous rassure! ;) J'en profite pour dédicacer mon cher collègue Caillou, bah oui: pendant que certains se la coulent douce d'autres répartissent la charge!!! :) )
Je m'égare. Au réveil, je jette un œil à mon portable. Comme il y a toujours de bonnes surprises dans la vie, je m’élance le coeur léger et l'âme aventureuse: aujourd'hui je vais à la ville! On m'a parlé de tours immense, de Malls à n'en plus finir... C'est décidé, j'y vais! Je discute avec quelques locaux et trouve enfin le métro après avoir marché une bonne heure. Un métro incroyablement propre et entretenu qui me conduit à Burj Al Khalif. La tour la plus haute du monde (plus de 800m) se voit de toute la ville. Elle semble être toute proche, et pourtant même depuis la station de métro qui porte son nom il faudrait encore marcher 1h ou 2 pour l'atteindre. Impressionnant. Je me rends aussi au Dubaï Mall. Il y a là l'équivalent d'un parc d'attractions dans un centre commercial immense. C'est le lieu du luxe et de l'oppulence. Le contraste avec le Souk est saisissant.
En rentrant, je descends encore à quelques stations de métro pour visiter. Je prends confiance, et je comprends également que Dubaï est une ville très sûre, le taux de criminalité est un des plus bas pour une ville de cette taille (4 millions d'habitants). Au fait, ces chiffres que je vous rapporte sont ceux que j'ai pu obtenir de la population, alors soyez tolérants s'il y a une quelconque approximation... :)
Je finis par rentrer à nouveau à pieds, car je découvre que je n'ai pas pris la bonne carte de transports: je ne peux pas prendre le bus avec la mienne. Il est trop tard pour trouver un guichet encore ouvert. Pas d'argent ni de tickets auprès du conducteur, il est là pour conduire point barre (ce qui lui donne déjà fort à faire au vu du nombre de coups de klaxon produit à la minute! ;) ).

Le troisième jour arrive, le dernier à Dubaï. Et aussi cliché que ça puisse paraître bah je me sens un peu nostalgique de me dire que le lendemain je quitte la ville...
Je n'ai pas pu aller faire ma petite promenade dans le désert comme je l'avais imaginé. Car le touriste ne vient pas seulement à Dubaï pour faire le Shopping Festival mais aussi pour faire un tour de 4x4 ou monter sur un chameau, se laisser conduire dans un "camp bédoin" amenagé... Bon, bref, je voulais faire mon touriste et je n'ai pas pu, car tout était booké. Et puis je n'ai pas eu tellement accès à Internet (au fait, y'a du filtrage dans l'air pour ceux que la question intéresse ; Genre Skype), ce qui simplifie pas. Pas de guide, pas de numéro d'agences, une réception d'hôtel muette au sujet des visites... Bref, ça ne s'est pas fait.
Mais je suis quand même parti visiter une autre partie de la ville (y'a pas de centre et il faut près d'une heure de train (=métro) pour aller d'un bout à l'autre). En suivant les indications des locaux, j'ai quand même mis 2 heures à atteindre ma destination. A pieds. Puis en water-taxi. Je rebrousse chemin en water-taxi. Je cherche la gare de bus qui m'a été indiquée et que personne connait. Non, mais c'est possible ça? A mi-chemin, j'ai discuté avec un gars qui s'est pris d'affection et a décidé de me filer un coup de main m'indiquant le parcours à effectuer. Il appelle un numéro officiel mis à la disposition des usagers des transports de Dubaï. On lui indique le nom d'une gare de bus, et quand j'y arrive, personne ne connait cette station. Prise de tête. La seule des 3 jours d'ailleurs, les vacances ont du bon! :) Bref, je finis par voir passer le bus de mes rêves, j'interromps ma conversation-essayage-de-comprendre-où-est-le-malentendu, je bondis à travers la chaussée et cours après le bus. Le chauffeur m'a vu mais ne m'épargne pas en roulant jusqu'à l'arret suivant. Je ne saurai jamais d'où il venait, par contre il m'a bien conduit là où je voulais!
Burj Al Arab. Cet hôtel fameux qui est situé sur la plage dans une tour immense en forme de voile. Très chouette. Mais réservé aux plus fortunés. Les plages sont également privatisées. Je prends quelques photos, marche des kilomètres pour trouver... non, y'a rien de plus dans le coin! Je prends un bus, et pars vers Dubaï Internet City (regroupement de sociétés des TIC), et les universités.
Remettons dans le contexte, en France un parking d'université c'est les 3/4 des voitures qui vont pas tarder à profiter de la prime à la casse... A Dubaï, ce ne sont que des voitures de sport ou berlines luxueuses. Je ne suis pas certain que l'université de Dubaï soit l'ascenceur social tel qu'on le conçoit en France...
Je me dirige ensuite vers la marina de Dubaï pour prendre un repas dans le port, entre les bateaux et les immenses buildings de standing. J'en profite pour prendre quelques notes sur mon carnet, et découvrir la shisha, que tout le monde fume là-bas. Le ciel qui était menaçant toute la journée tourne progressivement à l'orage, et une pluie abondante et sablonneuse finit par s'abbatre sur nous. Superbe moment tout de même, empli à nouveau de belles réflexions sur le sens des choses qui nous entourent.
Je me réfugie au Mall of Emirates. Je prends un café et me connecte à Internet au pied des pistes... Oui, la folie de Dubaï va tellement loin qu'ils sont leurs propres pistes de ski de 400m de long dans un immense bâtiment réfrigéré!!! Bon, le forfait est à la hauteur des Alpes donc pour cette fois-ci je passe mon tour - non sans avoir jeté un oeil à mon portefeuille désespérément percé! ;)

Retour à l'hôtel, après avoir contrôlé tous les horaires pour mon départ matinal de jeudi matin vers l'aéroport; pris la bonne carte de transport pour être sûr de pas être en retard!
Cette fois-ci je suis un habitué, même le club situé en sous-sol de l'hôtel ne me dérange plus, malgré les basses qui remontent toute la structure du bâtiment... C'est le signe que je peux passer à l'étape suivante: New-Zealand baby!!!

Je vais essayer de conclure brièvement pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'ici.
Dubaï est la ville des contrastes. Entre les ouvriers vêtus plus que modestement, et les businessmen en costard que l'on croise en ville. Entre les femmes totalement voilées, et les touristes en tenue légère. Entre les hommes en tenue traditionnelle, et ceux habillés à la mode occidentale.
Ce que l'on ne peut pas nier est l'ambition que dégage cette ville, dont on dit que le plan change chaque jour (d'ailleurs c'est simple on n'en trouve pas). Des quartiers entiers créées à partir de rien, mais tout ce qui est créé, toute cette innovation, ces business, semblent être condamnées au succès! Il faut voir aussi l'application avec laquelle les employés des transports s'appliquent à tout maintenir propre, et le respect des habitants pour les espaces de leur ville.
Le fait que les Emirats Arabes Unis soient musulmans est bien sûr déterminant dans le ressenti de la ville. Par exemple, un couple de touristes qui s'est sobrement enlacé dans le métro s'est vu rappelé à l'ordre dans l'instant par un agent de la sécurité: pas de marques d'affection, tout comme les vêtements qui se doivent d'être sobres. Pour autant, il faut bien comprendre que la ville est abreuvée de culture et de commerces occidentaux. Les rues sont remplies des fast-food que l'on rencontre dans les pays dits occidentaux: du Mc Do au Taco Bell, les Pizza Hut et compagnie. Les boutiques où les habits traditionnels cohabitent avec les marques comme Esprit ou les marques de Luxe estampillées "Paris", "Londres" ou "New-York".
C'est ainsi une ville fascinante que j'ai découvert pour ces 3 premiers jours de voyage, et dont j'ai essayé de vous faire partager l'aventure en vous plongeant dans les détails du ressenti du voyageur.

Ce sera un plaisir de lire dans vos commentaires de vos nouvelles. La météo a l'air splendide là-bas, profitez tous bien de ce petit printemps! Je pense à vous.
Un dernier mot philosophique: le voyage existe aussi dans le quotidien. Chacun peut se laisser le temps d'un peu de réflexion régénératrice, essayer de découvrir (comme un voyage) ou redécouvrir les petits bonheurs de la vie, et du quotidien. Si, si, j'insiste! :)